sur la même route

•2 février 2012 • Laisser un commentaire

Sur la même route

Un chariot nous traînera tous —

Tôt ou tard.

Marina Tsvétaïeva, Le ciel brûle

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prince travesti

•2 février 2012 • Laisser un commentaire

Chacun sur la grande route —

Est un prince travesti!

Marina Tsvétaïéva, Le ciel brûle

travelin’ man

•7 décembre 2011 • Laisser un commentaire

lui ouvrait chaque fois le monde comme un soc

•13 octobre 2011 • Laisser un commentaire

Un moment, il se sentit traversé par le sentiment plaisant de la sécheresse claire et balayée, vitreuse, pleine d’ozone, des routes d’automne que le vent débarrasse des feuilles fripées par le première gelée blanche, et qui lui ouvrait chaque fois le monde comme un soc.

Julien Gracq, La presqu’île

dures façades grises

•12 octobre 2011 • Laisser un commentaire

D’abord, ce serait seulement la campagne, creuse comme une galerie de mine devant la lampe d’un mineur — ses branchettes raidies, ses feuilles fossiles prises et figées dans le charbon scintillant, ses buissons fascinés par les phares, leur ombre d’encre collée tout debout et immobile contre les talus, ses gouttes pareilles au suintement d’une voûte, égrenées dans l’air que rien ne remue plus. Les villages éteints, ou à un tournant le créneau des maisons avale soudainement la voiture, ouvrant sa rue si nette et si vide qu’elle semble fraîchement balayée; la lumière glisse longuement sur les dures façades grises et comme empoussiérées — et on voit saillir seulement, brandi au bout de sa tringle, le double cornet rouge du bureau de tabac.

Julien Gracq, La presqu’île

comme si le vide

•27 septembre 2011 • Laisser un commentaire

Devant lui, Simon voyait seulement le large ruban de la route, divisé par trois bandes jaunes qui se perdaient derrière un mouvement de terrain par une courbure de scenic-railway, dévalant vers lui par dessus l’épaule de la colline d’une coulée lisse de fleuve d’asphalte. Dès qu’il était libre de voitures, le fleuve apparaissait aussitôt se figer, et le silence prenait une qualité un peu fantomatique, comme si le vide — un vide soudain et un peu étourdi — fût descendu sur lui perceptible avec les langues de feu tremblées de la chaleur. « Les anges passent aussi sur les grandes routes », pensa-t-il, et il vit devant lui son après-midi s’étendre libre, vacante et remuée, un peu solennelle, comme les lourds nuages blancs ballonnés qui commençaient à monter par-dessus la crête de la route.

Julien Gracq, La Presqu’île

matin

•20 avril 2011 • Laisser un commentaire

tu n’imaginais pas partir autrement qu’au matin, quand encore un peu de la nuit, son épaisseur, ce serait ni vu ni connu, partir comme on dérobe ou s’approprie sa vie, un train ne pourrait suffire, et sa destination, ce serait les lignes blanches et les silhouettes des arbres, villages tassés malgré les lampadaires, et pas un homme, seul dans un monde nu, simple décor, surface où glisser, c’est au dedans que tout se joue, dans l’en avant jusqu’au matin, ce mouvement qui fait la nuit sans crainte, cette seule promesse que tu puisses accepter sans méfiance